Véronique L’HOSTE

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Née en 1980, Véronique L’Hoste est diplômée de l’École Supérieure d’Art de Metz en 2004. Elle a d’abord travaillé dans le domaine de la communication publicitaire et enseigne aujourd’hui la photographie et les arts graphiques.

“Mystique” (2013-2014)

Une forme, à l’identité indéfinie, qu’appellent les énergies de la terre, naît de la blancheur et se dresse peu à peu. Elle émerge, solitaire, d’une eau à peine troublée, et fixe, immobile, le peuple des arbres et des nuages, s’interrogeant sur la vie. Débute alors une longue errance où se succèdent intérieur et extérieur, monde des hommes et paysages de forêts, de collines et de plaines.
Le monde des vivants est il vraiment celui que nous croyons ? Un passage est suggéré, un glissement s’opère vers un ailleurs, peut-être une resurrection, peut-être un au-delà. Mais, quel est-il ? Réalité étrange ou vision surgie des profondeurs de l’inconscient, cet ailleurs dévoile une végétation majestueuse et sereine, de plus en plus présente, annonciatrice d’une fin nouvelle.
Par ces réalisations sobres, épurées, Véronique L’Hoste nous interroge sur la naissance, la vie, la mort, l’au-delà. Inspirée par les grands espaces, elle met en scène des silhouettes drapées qui s’ancrent au sol pour s’y ressourcer, avant de regagner leur demeure. Ces formes sans identité disent le besoin vital de l’homme de reprendre contact avec la terre nourricière, de la retrouver chez lui, dans son quotidien, de la magnifier jusqu’à la placer au centre de son monde. Mais cette terre, ironie du sort, finira par le rappeler à elle.
Les performances réalisées par la photographe avec son déclencheur, explorent ce retour à la simplicité et la pureté originelles, dans un blanc lumineux et omniprésent. Les aléas du moment – le craquement d’une branche, une brise enveloppante – interviennent à leur manière, tels des instants de grâce inattendus.

 La série  FOOD FACES

A travers une série d’autoportraits où aliments et visage humain ne font qu’un, Véronique L’Hoste, jeune artiste , bouscule à la fois le fond et la forme de ses photographies en mêlant troubles de l’identité et remise en question du portrait classique.
Salade, riz, poisson, miel ou encore pâtes à la bolognaise recouvrant le visage, tête basculée en arrière créant un raccourci visuel qui accentue l’effacement de ce même visage : chaque photographie de la série « Food faces » met en lumière la transformation du sujet pour lequel l’alimentaire et l’organique deviennent complémentaires d’une métamorphose provoquant un sentiment alternant entre désir et dégoût.
Diplômée de l’Ecole Supérieure d’Art de Metz, Véronique L’Hoste explore depuis le début de ses travaux les différentes facettes du portrait photographique. Pour la réalisation de « Food faces », l’artiste s’est mise face à l’objectif, seule avec son déclencheur, la scène mentalisée avant et pendant la prise de vue. Bien qu’utilisant la frontalité et le cadrage rapproché poitrine, les photographies offrent une vision quelque peu incongrue du portrait classique, en raison de la posture inhabituelle du sujet et de la présence de matière comestible, s’apparentant ainsi à autant de traces d’une performance.
« Food faces » peut se vivre comme une sorte d’ « expérimentation alimentaire » provoquant une certaine confusion, d’abord au niveau des sens autour de la vue et du goût, mais également sur le plan du processus identificatoire et de la technique photographique elle-même. Une expérimentation rendue possible grâce à un esthétisme faisant la part belle aux accords formels, travaillés « à l’intérieur du cliché » lors de la prise de vue et ensuite mis en valeur par le biais d’une présentation sous forme de triptyque.

ADDICTIONS
Cette série intitulée « Addictions » regroupe plus d’une vingtaine d’autoportraits, où l’objet fusionne avec le visage humain. L’addiction amène généralement la notion de rituel, créant ainsi un rythme ordonné des choses. Cependant, de plus en plus présente dans notre quotidien, elle peut aussi amener le trouble et générer un disfonctionnement.
Visage masqué ou à peine dévoilé, le portrait identificatoire s’efface malgré l’utilisation de la frontalité et d’un cadrage rapproché poitrine. Ces postures inconfortables, voire douloureuses s’imposent à moi. Une mutation est en marche… Accroc à la propreté, au shopping ou encore à la mode : mon but « ici » est d’interroger le sens de l’objet et le portrait lui-même, sans oublier la notion de dépendance inhérente à notre société de consommation.

SES OEUVRES