Exposition “CELIBRITY” des photographes Bruno MOURON, Pascal ROSTAIN et Jacques HERIPRET du 19 Mars au 12 avril 2014

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ABK ART Gallery et ARTABAN  dans les pas du centre Pompidou METZ prèsentent une exposition “CELEBRITY” consacrée aux photographes Paparazzi Bruno MOURON et Pascal ROSTAIN . du 19 Mars au 30 Mars 2014, ainsi que le photographe de Brigitte Bardot Jacques HERIPRET. ABK ART Gallery au 14 BVD de trèves 57070 Metz.

” Quelle meilleure manière de photographier la représentation d’identité sociale que celle d’immortaliser nos déchets de consommation? Au-delà de la question d’esthétisme primaire, au-delà du fameux “effet rétinien” duchampien plus communément appelé le plaisir de la forme, c’est le fond de la démarche des photographes Bruno Mouron et Pascal Rostain qui suscite la réflexion chez certains, fascine ou dérange les autres, et parfois même jusqu’une certaine forme de « dégoût intellectuel ».

Si l’on met de côté l’aspect artistique et esthétique, c’est bien les dimensions anthropologiques et sociologiques qui frappent ici. Elles sont même une évidence. Mais ce qui est surprenant, et ne l’est pas à la fois (!) dans ce travail d’investigation de l’intime, c’est bien son détournement, ou plutôt devrais-je dire son dénouement artistique: celui d’exposer les clichés des déchets de certains de nos contemporains, mais pas n’importe lesquels, dans une galerie d’art. Ne serions-nous pas à l’apogée d’une pathologie sociétale malsaine, celle de notre fascination sans limite pour nos fétiches contemporains, nos “stars” ? Ne serait-ce pas ici l’aveu de l’abandon de toutes valeurs morales et religieuses, celles de notre passé au profit du nouveau dogme, celui de la starisation du “commun” qui liquide toutes croyances, et surtout celles de nos anciennes “icones”, trop parfaites… qui ne nous ressemblaient pas en définitif ? Car ces « dieux » contemporains là consomment comme nous, ces clichés ne trichent pas. Nos fétiches, nos stars ne seraient-elles pas comme nous, après tout ? Quelle société narcissique que celle qui sacralise au rang d’”oeuvre d’art”, non pas la production artistique de ses “idoles”, mais bien ce que ces dernières rejettent.

Leurs propres déchets deviennent notre objet du désir, puisqu’ils sont nos oeuvres d’art.

Pour conclure, le plus intéressant à mon sens dans cette exposition, est le lien certain avec Marcel Duchamp. Le questionnement sur le (bon)”goût” était au centre de sa réflexion et création, allant jusqu’à détruire le “réel” dans ses démonstrations (philosophiques) que sont les ready-made: un urinoir ne serait-il pas une oeuvre d’art si l’on y consent, ou plutôt y croit… après tout?

Mais à la différence de Duchamp, Bruno Mouron et Pascal Rostain nous restituent le “réel”, en exposant la banalité, à savoir: des déchets de consommation, ceux de nos idoles contemporaines, qui ne le sont peut-être finalement que parce que l’on y consent, ou plutôt y croit… après tout? S’il fallait classer le travail artistique, sociologique, voire anthropologique de Bruno Mouron et Pascal Rostain, c’est bien parmi les réalistes qu’il trouverait toute sa place. Celle des nouveaux réalistes n’est plus très loin, et ce serait probablement celle de l’immortalisation de ces autres déchets de nos stars, nos idoles contemporaines… leurs ultimes déchets corporels”.
Texte de Vadim Korniloff 2014 ( Tout droits de reproduction réservés )

Vernissage le vendredi 21 mars 2014 à 18 h 30 en présence des artistes.